Un Pion Royal
- Pierre Simard

- 3 janv.
- 4 min de lecture

Qui n’a pas eu au moins une fois l’impression d’être un pion dans notre société moderne, une société malade ?
Dans une système capitaliste qui est voulu pour enrichir les plus riches, tout est pensé pour faire de l’argent.
Ça prend des autos usagés pour vendre des pièces neuves, usagées, volées ou recyclées ; pour faire virer les garages ; pour faire vivre leurs employés et leurs familles ; pour accommoder les personnes qui n’ont pas les revenus pour s’acheter des autos neuves ; pour payer des gros salaires aux gestionnaires pour que eux s’achètent des autos neuves ; pour payer des salaires moyens aux vendeurs et aux mécaniciens pour qu’ils s’achètent des autos usagées, etc. S'il n'y avait que des autos neuves, le gaspillage serait incontrôlable, par contre, en contrôlant les salaires, les plus fortunés se gâtent, la classe moyenne y trouve son compte et les pions sur l'échiquier baissent les bras.
Ça prend des gens malades pour faire vivre le système de santé qui est lui-même malade ; pour payer grassement les administrateurs, les médecins et les autres spécialistes qui tiennent le gouvernement en otage en imposant leurs conditions de travail ; ça prend des diabétiques pour faire virer les départements d’endocrinologie ; ça prend des patients qui souffrent de maladies rénales pour faire virer les départements de néphrologie et de dialyse ; ça prend différents types de cancers pour les départements d’oncologie ; ça prend des cardiaques pour les département de cardiologie ; ça prend des troubles de vision, d’audition et de la gorge pour faire vivre les départements ORL. Ça prend tout ça pour faire travailler des infirmières, des infirmières auxiliaires, des préposés, des brancardiers, des équipes d’entretien ménager et l’équipe de sécurité. Pour les mieux payés, une auto neuve.
Ça prend des voleurs, des fraudeurs et des mauvais payeurs pour faire vivre le système de justice lui-aussi malade, les juges, les avocats, les greffiers, les notaires, les conseillers financiers, la police, les prisons et les gardiens.
Ça prend des mauvais parents pour justifier et faire vivre la DPJ, elle-aussi malade, ses intervenantes (puisque les femmes y sont fortement majoritaires et qu’ici le masculin ne l’emporte pas sur le féminin). Ça permet aussi de faire vivre des milliers de familles d’accueil pour surveiller, normaliser, encadrer et donner une deuxième chance à des jeunes déjà meurtris par la vie ; d’entretenir d’immenses bâtiments de béton et une administration dispendieuse, seul bon point, ça va permettre à plusieurs de s’acheter des autos neuves, même si le travail les rend malade et que l’injustice est évidente.
Ça prend des enfants à instruire pour faire vivre le Ministère de l’éducation, comme si l’éducation des enfants regardait le gouvernement qui devrait changer son nom pour Ministère de l’instruction, n’est-ce pas ce à qui devrait servir ce ministère, instruire, alors que l’éducation devrait revenir aux parents ? Ça a l’air que c’est un autre système malade qui fait vivre un système qui a oublié, qui ne sait pas ou qui ne veut pas savoir qu’il y a différents types d’apprentissage, mais comme la normalisation voulue par le système capitaliste est de rigueur, on repassera pour l’optimisation des compétences innées. Au moins, ici, les bons salaires sont nombreux et les autos neuves se vendent bien.
Est-ce qu’on parle des autres systèmes atteints de diverses maladies comme : la SAAQ, la SAQ, l’Hydro, les transports publics, la poste, les travaux routiers, les villes fusionnées, la gestion des ordures et l’enfouissement, les mines, la pêche commerciale, etc. ?
Qui donc peut décider de son propre salaire et de l’indexation de ses conditions de travail, sinon des personnes en conflit d’intérêt ? Et pourtant qui s’en soucie ?
S’il fallait que le pouvoir revienne vraiment au peuple et que chaque pion de l’équipier devienne un Pion Royal avec le droit de regard et d’opinion, il me semble que la santé reviendrait ? Mais soyons honnête, dans l’ombre les sbires du capitalisme veillent, car eux-aussi ils sont en conflit d’intérêt, le système qu’ils protègent les payent largement et grassement (sans parler des comptes de dépenses et des fonds de pension indexés).
Est-ce que les Pions sont au pouvoir ? Non. Le capitalisme a tapissé les murs de mensonges et de l’illusion qu’il faut consommer pour être heureux, alors que c’est cette course effrénée qui rend malade l’individu et par lui les systèmes.
Ce qui est mis de l’avant n’encourage qu’une chose, nourrir le capitalisme. Parmi les évidences : des autos neuves, de grandes maisons vides, des électroménagers à la mode, des voyages dans le Sud et à l’étranger, des écoles privées, etc. À part quelques personnes qui le font de bonne foi sans en tirer profit, qui se soucie des autres, pour vrai ? Qui est prêt à ouvrir ses bras, son garde-manger, son coeur ou sa maison à des gens dans le besoin que le système capitalisme rejette sous le prétexte qu’ils ne contribuent pas à son expansion ?
Je ne chiale pas, ce n’est pas dans ma nature et de toute façon, ça ne changerait rien, les dés sont pipés d’avance.
Par contre, même si dénoncer c’est comme souffler contre le vent et que je n’ai aucune chance de gagner la partie, j’ai plaisir à croire que sur mon échiquier, sur ce que je peux encore contrôler autour de moi, je suis un Pion Royal qui se déplace à gauche, à droite, devant et derrière.
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Si tu traverses une mauvaise passe et que tu sens le besoin d'en parler, tu peux me consulter, nous verrons ensemble ce qui pourrait t'aider. Pierre Simard Animateur / Auteur / Formateur



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